A Paris : Les Camarades de DANSOKHO se souviennent

Un vibrant hommage a été rendu jeudi jusque tard dans la soirée, au siège du Parti communiste français, à l’ancien patron du PIT, décédé le 23 août dernier, avec la présence de plusieurs personnalités qui ont salué la mémoire d’un homme d’exception

C’est au siège du Parti communiste français, dans l’Espace Oscar Niemeyer, à la Place du Colonel Fabien que le Parti communiste français, en collaboration avec la Fondation Gabriel Péri, a décidé de rendre un hommage à Amath Dansokho, décédé le 23 août 2019. Vibrant hommage rendu hier jusque tard dans la soirée, lors duquel plusieurs personnalités ont pris la parole pour saluer la mémoire d’un homme d’exception.

Sous l’imposante coupole de la Place du Colonel Fabien, du Siège des Communiste français, chacun y est allé de son brin de souvenir. Et sans langue de bois. Tour à tour, différents orateurs se succéderont pour rendre des hommages dont la tonalité est restée la même. ‘’Homme de conviction’’, ‘’homme de cœur ‘’, ‘’généreux’’, ‘’combattant’’, ‘’courageux’’ , les caractérisations sont unanimes pour qualifier le parcours de l’homme. D’André Ciccodilola, ami de Dansokho, Michel Maso, Directeur de la Fondation Gabriel Péri qui prendra la parole après le discours d’Alkaly Dansokho, à Michel Macho, Président de la Fondation Gabriel Péri, en passant par Mor Ngom, ministre conseiller envoyé par le Président Macky Sall, Samba Sy, le discours restera constant sur l’engagement de l’homme au service des peuples africains et les sacrifices consentis qui se sont traduits par une longue période d’exil et un retour au pays en 1977, suivi d’une période d’activités politiques ‘’très riche’’.  Le cordon ombilical de tous ceux qui ont témoigné reste le même : ils ont connu et pratiqué l’homme. Le fils aîné de Dansokho, Alkaly prononcera un discours émouvant qui laissera l’assistance pantoise.

Didier Awadi : ‘’Amath était vraiment adorable’’

Les qualités de l’ancien leader du PIT sont surtout dans la proximité qu’il savait cultiver avec le peuple. Le rappeur Didier Awadi, invité à la fois comme proche du disparu mais aussi comme artiste, confiera : ‘’Malgré la différence d’âge, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup aidé, conseillé. Il venait discuter avec moi, il se déplaçait. Je me rappelle le jour où le président Macky Sall a été élu, on s’est vu au Radisson. Il m’a dit : « mais, tu joues où ce soir ?  Il faut qu’on aille fêter ça’’. Je lui ai dit que je joue au Balajo qui est un petit club vraiment très modeste pour les étudiants, vraiment du bas de gamme. Il m’a dit : ‘’Ok, j’arrive et il a passé toute la soirée avec nous. Il est monté sur scène et on a fait la fête. C’est dire la jeunesse qu’il y avait en cet homme. C’est impressionnant, il était vraiment adorable’’.

C’est Laurent Gbagbo, par la voix de son envoyé spécial Issa Malick Coulibaly, qui a lu le discours de l’ancien Président ivoirien où ce dernier rappelle que Dansokho, comme il le disait lui-même, n’est pas un révolutionnaire d’occasion, mais un combattant comme il a su le prouver.

 ‘’Lorsqu’il s’est aperçu que Wade tournait le dos à des engagements pris, Amath n’hésita pas à rompre une alliance contre-nature (…). Il sera ainsi féroce dans ses critiques contre les dérives anti-démocratiques de Wade. C’était cela mon grand-frère, c’était mon Amath Dansokho’’, rapporte le porte-parole de Laurent Gbagbo. 

Roussel, Sg du PCF : ‘’le parcours et les valeurs d’Amath sont une boussole pour nous’’

Mais il n’était pas simplement question de ‘’déposer des gerbes de fleur’’ sur la tombe de Dansokho. L’actuel Secrétaire du PIT Samba Sy va très rapidement dire que l’action d’Amath, au delà des hommages, ‘’doit nous inspirer d’un mode d’être’’, car si l’homme avait beaucoup de réserves pour les hommages, il a toujours pensé que perpétuer l’action était plus important que tout.

Ainsi passé les usages diplomatiques de langage, le cas Amath s’est imposé comme ‘’une invite à l’introspection’’. Le secrétaire général du Parti de l’Indépendance dira qu’aujourd’hui, le débat reste que ‘’le liant qui permettait de connecter les masses populaires aux enjeux de lutte sociale n’est plus là’’. Et qu’il s’agit de reconstruire ce lien.

Le secrétaire général du Parti communiste français, Fabien Roussel, abonde dans le même sens. ‘’Le parcours et les valeurs de Amath sont une boussole pour nous. Il aurait apprécié cet hommage, non pour les propos qui s’y tiennent, mais pour l’espoir qu’ils véhiculent’’, confie-t-il.

Fabien Roussel, par ailleurs député du Nord, estime que ‘’les chiffres qui sont donnés récemment par Oxfam indiquant qu’un pour cent de la population mondiale possède deux fois plus de richesses que 6,9 milliards de personnes, c’est à dire 90% de la population mondiale, pose problème. Voilà pourquoi la planète ne tourne pas rond’’.

Et de noter que ‘’pendant que la Finance mondiale se déchaîne, elle tente par tous ses relais d’influence d’ériger partout des murs et des peurs entre les hommes et les femmes. Ces inégalités inacceptables sont le fruit de l’expansion du capitalisme qui, plus que jamais, épuise l’être humain et la nature’’. Le tableau bien noir qu’il dresse n’invite à aucun optimisme, mais, à l’urgence du combat. ‘’Le capital n’hésite pas aujourd’hui à activer le pire des leviers, celui du fascisme ou de l’obscurantisme, de la guerre comme ce qui s’est passé en Libye, la déstabilisation de la Côte d’Ivoire etc’’. C’est en cela que ‘’le parcours et les valeurs d’Amath sont une boussole pour nous’’, dira-t-il

A noter que tous les membres de la Direction parisienne du FPI, une délégation de la Palestine, des ambassadeurs de plusieurs pays, des membres de l’Unesco avec à leur tête Souleymane Jules Diop, Albert Bourgi, Moustapha Sy Djamil, des membres du Parti communiste français, de la Société civile française, des Africains sont venus spontanément participer à la cérémonie, qui a pris fin aux environs de 22 heures.

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