BENNO BOKK YAAKAR ZIGUINCHOR OU LE SYMBOLE D’UN GRAND CORPS MALADE(Par Nicolas Silandibithe BASSENE)

Le Benno Bokk Yakar (BBY) est une coalition nationale de plusieurs partis et mouvements politiques qui se regroupent et se recoupent à la vision de l’APR, parti socle, et surtout se reconnaissent à son leader. Jamais de mémoire dans l’histoire politique du Sénégal un regroupement hétéroclite aux ambitions affirmées ou tues n’a aussi résisté à l’usure du temps. En dépit de cette « grandeur numérique », le BBY de Ziguinchor est un « grand corps malade » ayant perdu les élections qu’il ne fallait pas perdre à nos yeux: la présidentielle et les locales de 2014. Qu’est ce qui expliquerait cette situation à val de route? Est-ce le rapport de force que leur impose le « phénomène » Sonko ou est-ce l’état d’une jeunesse désemparée de BBY?
La commune de Ziguinchor a la particularité singulière d’abriter de leaders politiques majeurs. De plus tout parti au pouvoir gagnait « ses » élections. Depuis un certain temps, il est unanime que cette réalité imprimée depuis Senghor jusqu’à Wade souffre. Les causes sont multiples, nous en retenons deux majeurs : une jeunesse désemparée et une montée en force bon gré malgré du Pastef.
« Tout ce qui se fait pour la jeunesse sans la jeunesse est contre la jeunesse » nous enseigne Elvis Adjahoungba.
Ceci pour dire, malgré sa jeunesse engagée, déterminée qui est aux premières lignes des combats politiques, le Bby Ziguinchor ne fait pas confiance à sa jeunesse ce qui se traduit à l’investiture aux postes électifs. La voix de la jeunesse est inaudible, inconsidéré, banalisé… Les jeunes ne sont bons que pour régler les sales coups mais pas pour bénéficier de postes de responsabilité. Pas de retour de l’ascenseur.
Ceci a fini par créer des « hibernations » pour d’aucuns, des frustrés allant même à la création de mouvements politiques pour d’autres. L’un dans l’autre, c’est un malaise profond que vive la jeunesse. Tout ne se dit pas haut certes mais la faute est directement imputable aux différents responsables-leaders qui brillent par leur désunion, le manque de courage à quitter la coalition et des calculs de positionnement refusant ainsi l’acceptation d’un leader naturel qui incarnerait la vision même de leur président. Donc s’est ouvert un leadership dispersé et teinté de haine interne même si de façade on nous tient un discours contraire à la réalité. Les jeunes se reconnaissent plus à un leader qu’au parti et travaillent pour ce leader. Chaque responsable-leader tante de posséder sa jeunesse pour ignorer la jeunesse. Ainsi, si ce ne sont des messages aigres-doux « changés entre jeunes, c’est le message des muscle qui vaille, la bagarre dans tout ce qu’elle a d’insanité qu’on observe. N’a-t-on pas dit que l’union fait la force ? Où est donc le fameux « linge sale se lave en famille ». Dans pareilles circonstances, vous conviendrez aisément que la perte des élections est la logique et la sanction du maître (Mackyl Sall) la prime.

Au lieu de travailler à la paix des braves pour ramener leurs mentors à la raison, certains jeunes se mettent à se mesurer à Ousmane Sonko montrant à suffisance leur limite. Mesurez-vous à ces poulains, à sa jeunesse à la base que vous connaissez bien. La montée fulgurante du Pastef dérange et fait trembler à suffisance même si dans le discours, il semble utiliser une stratégie de dédramatisation de la situation.
Aujourd’hui, si rien n’est fait et je vois difficilement ce qui pourra se faire demain, le Bby n’y arrivera pas à renverser cette tendance qui semble irréversible. A la différence de la jeunesse de la coalition bby, la jeunesse du Pastef est unie, soudée et très engagée pour l’instant. Elle tient et n’a pour leader Ousmane Sonko et parti Pastef. Ira-t-elle au bout de son engagement ? Tiendra-t-elle face à l’usure du temps ? Si on sait bien que le pouvoir monte à certaines têtes, ne connaitra-t-elle pas le syndrome que leur camarade ? Je donne ma langue au chat.

Dans l’ensemble, le BBY bien qu’elle soit une fierté de longévité de coalition politique, à Ziguinchor les rivalités entre leaders et entre jeunes de leaders ont été la résultante de résultats mitigés obtenus. Aujourd’hui, tel que je le vois et sachant qu’à l’horizon se pointent des élections locales, dans un avenir proche, il y aura forcément des départs. D’ailleurs, en douce, nous le notons. La véritable question de fond est que bby version Ziguinchor saura-t-elle relever les défis d’union entre ses leaders-responsables d’un côté, entre sa jeunesse d’un autre, de « ramener » victoire et de la perpétuer enfin?

Nicolas Silandibithe BASSENE

DERNIERES ACTU

Login