Huit (8) Sénégalais sur dix (10) souffrent de troubles mentaux

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Président de l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux (Assamm), Ansoumana Dione ne veut pas parler de « maladies psychiatriques », mais plutôt de « problèmes de santé mentale ». Il déplore l’absence de politique de l’Etat par rapport à cette pathologie.

Quelle est l’ampleur des troubles mentaux ?

C’est tout le peuple sénégalais lui-même qui est confronté aux problèmes de santé mentale. Regardez ce qui se passe aujourd’hui à travers le pays, chaque jour que Dieu fait les Sénégalais s’entretuent. Les Sénégalais sont angoissés, ils sont stressés, le chômage est là, les accidents de la circulation, les catastrophes naturelles et le conflit casamançais. Il y a beaucoup de facteurs qui font qu’aujourd’hui, que huit Sénégalais sur dix sont confrontés à des problèmes de troubles mentaux. Ce ne sont pas seulement ceux qui sont dans les rues qui sont malades ou bien ceux-là qui sont dans les hôpitaux. Même au sein de l’administration sénégalaise, il y a beaucoup de personnalités qui en souffrent.

Donnez-nous des exemples précis ?

Vous voyez ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale. Des députés qui se bagarrent en pleine séance plénière. Le peuple est déréglé. Figurez-vous, une dame en état de grossesse, on vient lui annoncer une coépouse. La femme qui avait besoin d’être assistée, accompagnée parce qu’à neuf mois de grossesse, elle vit dans l’anxiété totale, elle pense à la mort parce que l’accouchement étant un exercice parfois mortel. Vous attendez la mort, on vous l’annonce. Du coup, elle a brûlé vif son époux. Nous devons faire en sorte que les Sénégalais aient un bon état de santé mentale. Ces derniers n’ont pas un état complet de santé mentale comme il se doit.

Je prends l’exemple du Rwanda. Voilà un pays qui, sorti de génocide, a compris qu’il fallait éduquer les populations en matière de santé mentale. Aujourd’hui, après avoir mis en place une réelle politique de santé mentale, pour que son peuple s’aime mutuellement et respecte son environnement, le Rwanda est toujours cité en exemple.

« À Fissel Mbadane, un enseignant souffrant de troubles mentaux a égorgé son épouse en état de grossesse. Tout cela parce que l’accompagnement qu’il fallait pour cette famille avait fait défaut. »

Vous dites que le peuple est déréglé. Quelle est la cause de ce dérèglement ?

Tant que les Sénégalais n’auront pas compris la valeur de la santé mentale, les malades seront nombreux. Quand on souffre de tuberculose, de cancer, de sida et de paludisme, automatiquement, on a des problèmes de santé mentale. C’est là où toutes les maladies influent. Le Sénégal ne dispose pas de politique de santé mentale. C’est un constat.

Comment corriger le tir ?

Il va falloir que le gouvernement mette en place une politique de santé mentale. Au ministère de la Santé, à la Direction de la lutte contre la maladie, le bureau de la division de la santé mentale est fermé 24/24,7 jours/7 et 30 jours/30. Et c’est cette division de la santé mentale qui était censée élaborer et mettre en œuvre cette politique de santé mentale. A côté des médecins psychiatriques, les psychologues doivent aussi s’occuper de ces malades mentaux. Nous devons sensibiliser les populations sur les comportements, les inviter à bien se tenir par rapport à une personne souffrant de troubles mentaux. Par exemple, à Fissel Mbadane, un enseignant souffrant de troubles mentaux a égorgé son épouse en état de grossesse. Tout cela parce que l’accompagnement qu’il fallait pour cette famille avait fait défaut. Nos populations ne sont pas éduquées en matière d’assistanat par rapport aux personnes souffrant desdits troubles.

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