La mère parfaite

Malgré́ les corvées de la maison, ses obligations divines et les services de son époux, Mame Mariama Bousso trouvait toujours un temps pour les enfants. Elle avait l’habitude de les regrouper le soir, entre le Maghreb et l’Icha, pour leur parler de leurs origines, leur raconter les histoires d’hommes pieux.

Elle savait qu’à cet âge, l’enfant avait le don de capter ou de répéter facilement tout ce qu’il entend ou voit. Elle leur parlait du comportement de leurs ancêtres, leurs habitudes mais aussi et surtout, l’histoire des prophètes, de leurs épouses et proches ainsi que de tout ce qui pouvait avoir un impact positif sur eux.

Une petite anecdote est rapportée. Quand elle leur racontait que les hommes de Dieu avaient l’habitude de rester éveillés toute la nuit, faisant ainsi allusion aux prières surérogatoires, son fils Ahmadou Bamba adopta aussitôt cette pratique. L’enseignement de Sokhna Diarra s’adossait sur une pratique dont elle était la pierre angulaire. Elle ne faisait pas de théorie sans pratique et savait pertinemment comment impacter positivement sur ses enfants. Pédagogue, elle l’était !

Sokhna Diarra accomplissait à bien des égards son devoir maternel avec une discrétion hors du commun. Nul n’ignore qu’être la mère de Serigne Touba, qui dès son plus jeune âge déjà s’était démarqué des enfants “normaux”, ne saurait être chose facile. Et pourtant, elle n’a jamais parlé́ du comportement miraculeux de son fils !

Mame Mariama Bousso a cependant réussi à accomplir sa véritable mission sur terre, en un laps de temps d’ailleurs, puisqu’elle s’est éteinte à la fleur de l’âge. En effet, en 1866, à juste trente-trois ans, elle rendit l’âme à Porokhane, tandis que Mame Mor Anta Saly et le reste de la famille sont repartis vers le Baol après la mort de Maba en 1867.

Minal Khadimi ilal Khadimi

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