Le « mardi gras », peut-il avoir une signification spirituelle pour le chrétien?

Le mardi gras est un jour de carnaval et de déguisements de toutes sortes la veille du Mercredi des Cendres, début du Carême. Ces origines sont à la fois païennes et religieuses. Sa date varie d’année en année car elle est fixée par rapport à la date de Pâques qui est elle-même une fête mobile. Elle peut se situer au mois de février ou au début du mois de mars, mais tombe, bien entendu, toujours un mardi et précède la fête de Pâques de 47 jours. Cette année, le mardi gras a lieu le 25 février. Quelles sont ses origines et ses traditions? Peut-il avoir une signification spirituelle pour le chrétien?

Revisitons d’abord les origines du « mardi gras »

Danss l’Antiquité romaine, le calendrier commençait au mois de mars, de façon à faire coïncider le début de l’année et le renouveau de la nature. Ainsi de grandes fêtes marquaient cette période des calendes de mars. Par la suite, les populations christianisées continuèrent de célébrer la fin de l’hiver à travers cette fête du mardi gras.

Dans le christianisme, le début du carême est précédé du mardi gras. C’est jour de carnaval. L’étymologiste Ducange dérive ce mot de carn-avale, parce que, dit-il, dans ce temps on mange beaucoup de viande pour se dédommager, à l’avance, des privations que le carême impose. Ce « mardi » est donc appelé « gras » en référence aux aliments considérés comme riches : beurre, œufs, viande… Au jour du mardi gras, les excès sont donc permis, aussi bien dans la consommation de nourriture que dans l’apparence vestimentaire.

Les déguisements du mardi gras

Dans certaines régions, comme dans beaucoup de pays lusophones dont le Brésil, l’Angola, le Mozambique, ou encore, plus près de chez nous, la Guinée Bissau le carnaval est une véritable institution ! Il peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines et a lieu généralement entre l’Epiphanie, le 6 janvier, et le mardi gras. Mais là où il n’y a pas la tradition du carnaval, comme chez nous au Sénégal, il existe la coutume de déguiser les enfants et de les faire défiler dans la rue, au niveau des écoles.

On remarque fort heureusement aujourd’hui que dans les écoles, le mardi gras, avec tous les déguisements des enfants, est recouvert d’une forte valeur pédagogique. Tous les thèmes culturels et sociaux sont abordés. L’essentiel étant que chaque enfant puisse exprimer, à travers le déguisement qu’il aura choisi, sa personnalité et ses rêves.

Mais il faut se rappeler qu’au Moyen-âge, les déguisements de mardi gras permettaient non seulement de s’amuser, mais aussi de transgresser les interdits de l’ordre social. C’est ainsi que les pauvres pouvaient s’habiller en riches, les hommes s’habiller en femmes, des laïcs s’habiller en religieux, des civils en policier ou gendarmes et vice versa.

Aussi, si votre enfant vous réclame un déguisement qui vous parait être une inversion de la réalité ou si vous rencontrez une jeune fille bien connue se mettre en robe de religieuse ou un jeune homme en soutane de prêtre, ne vous inquiétez pas, c’est juste le mardi gras !

Des crêpes pour le mardi gras

Au jour du mardi gras, la coutume veut que l’on mange des crêpes. On dit que cette tradition devenue bien sénégalaise vient de la nécessité d’épuiser les réserves d’œufs et de beurre qui ne seront pas utilisées durant le carême. D’autres pâtisseries similaires, comme les beignets, les merveilles…, peuvent également être préparées à l’occasion du mardi gras, le point commun de tous ces délices étant l’utilisation d’une pâte que l’on fait dorer ou frire.

Le mardi gras peut-il avoir une dimension ou valeur spirituelle?

Nous en arrivons à notre question centrale. Et la réponse est oui, pensons-nous. Le mardi gras peut bel et bien avoir une réelle dimension spirituelle pour le chrétien !

En effet, le moment du mardi gras peut être, pour le chrétien, une amusante et formidable occasion de rire de soi-même, des masques souvent arborés pour dissimuler ses fautes et son péché, les masques de la faiblesse de sa foi et de son espérance. Il ne s’agit pas de se culpabiliser mais de remarquer le gras de ce qui est encore dans ses mains et son cœur et qu’il aurait dû partager avec les autres. Une occasion d’en rire et de se préparer à l’éliminer.

Avez-vous pensé au gras de l’orgueil qui peut amener à mépriser l’autre ; au gras de l’avarice et de l’égoïsme qui rendent imperméable au partage ; au gras de la jalousie ; à tous ces gras que nous consommons dans nos rapports interpersonnels et qui nous rendent boulimiques sur plusieurs plans ?

Avant d’entrer en carême, le mardi gras peut ainsi être saisi comment un moment pour identifier les points et les situations de la vie personnelle et communautaire qui ont besoin de purification.

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