LES PONTS A ZIGUINCHOR, ATTENTION DANGER !

Le Sénégal est un pays résolument tourné vers la modernité de ses infrastructures routières. Les jalons de cette modernisation ont réellement été posés et matérialisés au début des années 2000 par le président Wade offrant Dakar un visage digne d’une capitale. Bien qu’on note le vent d’une régénération dans le pays, la Région de Ziguinchor est scalpée de ponts modernes. Les vieux ponts de Baila, de Diouloulou, de Tobor et de Ziguinchor (Emile Badiane) sont depuis quelques années dans une situation de ruine effarouchant. Comment dans état comminatoire de ces ponts une solution à la hauteur n’est pas encore trouvée ? Est-ce de l’oubli ou de la négligence de la part de nos gouvernants ? Faudrait-il qu’il ait drame pour se pencher sérieusement à cet épineux cas ?

La région de Ziguinchor est une localité fortement marquée par plusieurs ponts (modernes et traditionnels) due à la densité de la ramification du réseau hydraulique. De cette multiplicité de ponts, quatre (Emile Bandiane, le pont de Tobor ou petit pont, le pont de Diouloulou et le pont de Baila) retiennent plus notre attention pour leurs positionnements géostratégiques dans la vie économique et le désenclavement de la localité.

En effet, ces ponts sont dans un état effrayant de dégradation qui fait dire qu’en les traversant, la vie de chaque usager est en danger. La « putréfaction » est même visible pour les profanes en construction de tels édifices. Ceci a suscité les cris de détresse, les messages d’alerte…d’une population qui refuse de vivre un « joola bis ». Toutefois, ces interpellations sont-elles tombées dans l’oreille de sourds. Visiblement nous voyons l’inaction de nos autorités à cet effet.

Pire, pour calmer la grogne, l’Agence autonome des travaux routiers (AATR) de Ziguinchor nous rassurait que les appels d’offre de préqualification ont étaient lancées mieux l’entreprise adjudicataire provisoire pour cette infrastructure trouvée. Toujours dans la même lancée, l’AATR classe le pont Emile Badiane parmi les ouvrages en phase de démarrage. Aussi, elle nous a garanti que l’étude géotechnique (sondages et essais pressiométriques) et le diagnostic des éléments de fondation par mesures géophysiques dans le cadre des travaux de réhabilitation, ont été effectués. Donc qu’est-ce qui expliquerait cette lenteur d’action ou d’exécution ? Ces ponts sont des squelettes d’eux-mêmes jusqu’à présent.

Or, avec l’annonce des programmes d’infrastructures routières d’envergures en Casamance, j’étais convaincu qu’il y aurait de belles perspectives. Hélas, aux maux, les autorités ont répondu par des mots. Des promesses allant dans ce sens n’ont pas manqué mais autant emportées par le vent.

Dans cet état préoccupant de ces ponts, devons-nous nous contenter de la réhabilitation ? Je crois bien qu’il en faut construire de nouveaux ponts flambants neufs. Les réalités d’avant n’étant plus les mêmes qu’aujourd’hui. Il y a 30 ans, la réalisation de ces ponts obéissait à des critères spécifiques d’évaluation qui ont changé. Les eaux douces du fleuve jadis, ont fini de changer de nature en devenant saumâtres. Donc le matériel de construction utilisé doit impérativement changer si l’Etat veut faire dans le sérieux. Cela n’épargne pas le béton qui était conçu pour des eaux douces. D’où, l’impertinence de réhabilitation. Il faudra tenir compte du comportement des eaux et utiliser un béton adéquat. C’est pourquoi, je pense l’érection de nouvel édifice est crucial.

Dans l’ensemble, les quatre ponts ont comme principal objectif de desservir la région confrontée à un problème de désenclavement. Ils constituent les nombrils reliant différentes localités de Ziguinchor en assurant une fluidité du trafic des personnes et des biens permettant du coup une vitalité économique. Si l’un de ces quatre ponts venait à s’effondrer, ça sera l’économie de toute la région de Ziguinchor qui sera engloutie. Hautes autorités, l’heure est grave !

Nicolas Silandibithe BASSENE

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