Un prof de philo recadre le Pr Songué Diouf «Revenez sur terre…»

“Entre philosophie, sophisme et populisme”

Quand le philosophe s’enfonce dans le populisme et le show médiatique et médiatisé on peut immédiatement penser, s’il n’y a pas risque de sortir du champ de la philosophie pour entrer dans le terrain de la sophistique où avec une dose bien combinée de sophisme et d’éloquence, on se fait une image pour bien monnayer son savoir. Savoir parler et bien parler ne sont pas un gage de la vérité ou un moyen de se dédouaner de remarques qui n’ont pour vocation que de cadrer ou de recadrer celui qui se donne l’exclusivité de corriger l’épreuve d’un examen qui n’a pas encore connu son épilogue.

En effet, il est inutile de rappeler à un professeur chevronné de philosophie comme Songué DIOUF puisque c’est de lui qu’il s’agit que la liberté de penser et la liberté d’expression sont certes inaliénables et incontrôlables, mais elles doivent être encadrées par l’éthique et la déontologie. La conscience professionnelle, les erreurs commises dans un passé récent, devaient rappeler au professeur Songué DIOUF que corriger publiquement les sujets de l’épreuve anticipée de philosophie à pareil moment, c’est contribuer à désarmer psychologiquement nos candidats qui ont besoin d’un mental fort dans ce contexte exceptionnel où ils vivent la psychose de la Covid-19 qui impose son diktat.

Professeur Songué DIOUF, nous vous respectons beaucoup en vertu du droit d’aînesse mais par la vertu des principes logiques et de la bienséance, vous devez réfléchir plusieurs fois avant d’accepter la proposition du journal dont nous taisons le nom pour ne pas faire sa publicité. En acceptant de lui faire la correction de l’épreuve de philosophie, vous avez agi sous le coup de la précipitation et de la prétention parce que vous êtes sous les phares du populisme. Le journal était bien sur son rôle, mais vous n’avez-vous pas failli au vôtre.

Être philosophe et avoir une bonne conscience ne se résume pas à savoir ce que l’on dit avec une dose d’éloquence à l’allure d’un sophisme mais il faut savoir quand le dire, à qui le dire, comment le dire et pourquoi le dire.

Qui gagne de vos dires ou de vos écrits ? Certainement vous et le journal qui a publié la soi-disant correction, les élèves qui seront en classe de terminal  des années à venir mais pas les élèves qui après lecture de l’article seront dans une incertitude car croyant qu’ils sont passés à côté.

Être homme des médias ou d’Emédias, c’est savoir qu’on a une lourde responsabilité qu’on doit assumer pleinement avec beaucoup de scrupule et de prudence.

Mais quand on échelonne les marches du populisme, les tonnerres d’applaudissent, l’aura autour de soi, l’apologie des gens qui tombent sous le beau discours sans ou avec une compréhension frivole,  peuvent nous renvoyer à notre ego au point qu’on se croirait tout permis.

Dès lors on peut parler ou penser à l’aveuglette parce que nos oreilles n’entendent que les applaudissements , ou les belles paroles qu’on nous retourne ; ainsi le dérapage est inéluctable. Mais lorsqu’il y a dérapage la chute peut être fatale.

S’il y a bien une voix autorisée à proposer un canevas de correction c’est bien celle de la commission dont les membres sont aussi compétents et chevronnés, qui même après avoir discuté et analysé les sujets soumet leur travail lors des concertations pour que les collègues y apportent leur amendement. Cette procédure nous semble être meilleure surtout pour une discipline aussi aléatoire que la philosophie  au lieu de vous singulariser  dans la posture que vous avez encore adoptée parce qu’en dépit des remarques qu’ont vous avez faites au niveau de l’Office du Bac, vous êtes revenus à la charge parce que vous êtes coutumiers des faits.

Revenez sur terre, professeur parce que vous n’avez plus rien à prouver.

“Quis potest intelligere” “Comprenne qui pourra”

Serigne Moustapha MBAYE

Professeur de philosophie au LABSY de Tivaouane

Email : erotosmbaaye@gmail.com

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