Virus chinois : origine, symptômes, conseils en France

En Chine, un virus a infecté plus de 800 personnes depuis le mois de décembre et causé 26 décès. Face à la propagation de l’épidémie, les autorités ont émis plusieurs recommandations à destination des Français. Symptômes, transmission, masque… Les détails

Un virus inconnu apparu en Chine en décembre 2019 sème la panique dans le monde. Au 24 janvier, 830 personnes ont été contaminées dans le pays et 26 décès ont été enregistrés. 25 provinces de Chine continentale dont Hong-Kong et Macao déclarent des cas. 5 autres pays ont confirmé un ou plusieurs cas importés : Thaïlande, Japon, République de Corée, Etats-Unis, Taïwan. C’est sur un marché de la ville de Wuhan (Province de Hubei) que le virus serait né. Parmi les premières victimes, des vendeurs de ce marché local spécialisé dans la vente en gros de poissons et de fruits de mer. Le site a été fermé et la ville mise en quarantaine. Les villes de Huanggang et Ezhou (à 70 km de Wuhan) sont aussi passées en quarantaine le 23 janvier. Le système de transport public de la ville, y compris les bus, le métro et le ferry est suspendu, ainsi que les sorties des aéroports et des gares de la ville. Selon le président chinois Xi Jinping,  il est “urgent de prévenir et de contrôler correctement la maladie compte tenu des flux massifs de population pendant les prochaines vacances du Nouvel An chinois, qui tombe le 25 janvier”Dans un communiqué, Santé publique France a annoncé la mise en place d’un dispositif de surveillance renforcée en France destiné à détecter d’éventuels cas importés

Des chercheurs de l’université américaine Johns-Hopkins à Baltimore ont mis en ligne une carte montrant l’évolution de l’épidémie dans le monde ainsi que le décompte des cas confirmés d’infection et de décès.

Présence du virus Coronavirus 2019 Chine monde
Présence du virus Coronavirus-2019 né en Chine dans le monde au 24 janvier 2020 à 12h ©  Esri, USGS | Esri, USGS | Esri, FAO, NOAA

Quelle est l’origine de ce virus ?

A l’heure actuelle, l’origine du virus n’est pas confirmée. Selon Gao Fu, chef du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, il proviendrait d’animaux sauvages vendus sur le marché de fruits de mer à Wuhan. Il appartiendrait à lafamille des coronavirus (comptant un grand nombre de virus) qui peut provoquer des maladies bénignes chez l’homme comme un rhume et des pathologies plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) qui en 2002-2003 avait fait 774 morts dans le monde (et venait de Chine). En Chine, ce nouveau virus est traité comme une maladie infectieuse de grade A, explique la Commission nationale de la santé(seules la peste bubonique et le choléra sont classées comme maladies infectieuses de grade A en Chine), qui nécessite les mesures de prévention et de contrôle les plus strictes, y compris la mise en quarantaine obligatoire des patients et l’observation médicale pour ceux qui ont été en contact étroit avec des patients. Cependant, la Commission a quand même répertorié la pneumonie causée par le virus parmi les maladies infectieuses de grade B, une catégorie qui comprend le SRAS, le Sida et la polio. 

Si le virus mute, il se propagera encore plus.

Symptômes

Dans sa forme la plus précoce, “la maladie se manifeste par de la fièvre et une toux persistante. Elle est d’une forme légère mais durable, et risque en même temps de prendre une forme grave (insuffisance respiratoire, complications cardiaques…) chez des personnes âgées et des patients atteints d’autres maladies“, a indiqué la Commission municipale de l’hygiène et de la santé de Wuhan sur son site Internet. En France, En France, Santé publique France a défini comme “cas possible”, tout patient présentant : 

  • des signes cliniques d‘infection respiratoire aiguë basse grave dont les signes cliniques nécessitent une hospitalisation,
  • sans autre étiologie identifiée pouvant expliquer la symptomatologie

ET :

  • ayant voyagé ou séjourné dans la ville de Wuhan en Chine dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques.

OU

Toute personne présentant une infection respiratoire aiguë quelle que soit sa gravité, dans les 14 jours suivant l’une des expositions suivantes :

  • un contact étroit d’un cas confirmé d’infection au nCoV, pendant que ce dernier était symptomatique ;
  • toute personne co-exposée, définie comme ayant été soumise aux mêmes risques d’exposition (c’est-à-dire un séjour / voyage à Wuhan, Chine) qu’un cas confirmé
  • toute personne ayant travaillé ou ayant séjourné dans un hôpital dans lequel un cas d’infection au nCoV a été confirmé ;
  • toute personne ayant visité ou travaillé dans un marché d’animaux vivants à Wuhan, en Chine.

OU 

  • Toute personne avec des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë basse grave, pour lequel une autre étiologie a été initialement identifiée, présentant une détérioration inattendue de son état général et qui aurait voyagé à Wuhan dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques.

Le cas sera confirmé par prélèvement indiquant la présence du nCOV.

Transmission

Alors que Santé publique France indiquait le 17 janvier que “le potentiel de transmission interhumaine directe” de l’agent infectieux n’était “pas connu” et que les autorités chinoises l’estimaient au départ “faible” Zhong Nanshan, un éminent expert des maladies respiratoires et membre de l’Académie chinoise d’ingénierie déclare le 20 janvier à la chaîne de télévision d’Etat CCTV que la transmission par contagion entre personnes était “avérée”. Dans un communiqué du 22 janvier, la Commission nationale de la santé en Chine explique que “la source de l’infection n’a pas été localisée et ses moyens de transmission ne sont pas clairs” mais “les experts en santé conviennent qu’il existe une possibilité de mutation du virus” ce qui pourrait accentuer sa propagation.

PROPAGATION DE L’EPIDEMIE EN DATES
Le 31 décembre 2019, l’Organisation mondiale de la Santé en Chine est informée de plusieurs cas de pneumonies dans la ville de Wuhan. 44 personnes sont infectées entre cette date et le 3 janvier 2020.Le 7 janvier 2020, les autorités chinoises identifient un “nouveau type de coronavirus”.Le 13 janvier, un cas importé est recensé en Thaïlande.Le 15 janvier, le virus cause la mort d’une première personne à Wuhan, un homme de 69 ans, malade depuis le 31 décembre dernier, atteint d’une myocardite sévère et dont l’état de santé s’est dégradé. Le 20 janvier, 282 cas confirmés de nCoV 2019 (nom donné au virus) sont signalés dans quatre pays dont la Chine (278 cas), la Thaïlande (3 cas), le Japon (1 cas) et la République de Corée (1 cas). Les cas hors de la Chine concernent des personnes ayant séjourné dans la ville de Wuhan. Le bilan est de 6 morts, tous à Wuhan.Le 21 janvier, les autorités annoncent 3 décès supplémentaires, soit un total de 9. Une femme de 50 ans est infectée par le virus sur l’île de Taiwan.Le 22 janvier, la Commission nationale de santé en Chine indique que le bilan est monté à 17 morts, tous en Chine.Le 23 janvier, trois villes chinoises dont Wuhan sont placées en quarantaine.Le 24 janvier, le bilan grimpe à 830 personnes infectées et 26 décès.

Quels sont les risques en France ?

Pour le moment, ce mystérieux virus n’a pas été identifié en France.Après avoir estimé comme “faible” son risque d’introduction en France, Santé publique France a indiqué le 22 janvier qu’il était modéré“. “Des cas importés de Wuhan sont susceptibles d’être détectés en raison des liaisons aériennes directes fréquentes avec Paris. Cependant, le risque de propagation secondaire du virus dans la population française est considéré actuellement comme très faible” ajoute l’autorité. Sur Europe 1, la ministre de la Santé a rappelé que “plus de 100 vols arrivent chaque jour de Chine dans douze aéroports français”

  • Les autorités françaises ont indiqué aux professionnels de santé la conduite à tenir face à un patient suspect revenant de Wuhan. Les médecins de ville qui pourraient prendre en charge un tel cas doivent contacter, pour analyse clinique et classement du cas, un infectiologue référent et/ou le Samu/Centre 15. 
  • Des conseils aux voyageurs sont affichés dans les terminaux concernés à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle : ne pas manger de viande crue, se laver les mains, ne pas toucher d’animaux… 
  • Des précautions d’hygiène doivent être mises en place dès la suspicion du cas, que ce soit en cabinet de ville ou en milieu hospitalier (port de masque…).

Pour les Français qui rentrent d’Asie et présentent des symptômes d’infections respiratoires, appelez le 15 directement.

Conseils pour les Français présents en Asie ou qui en reviennent

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a publié ses recommandations pour les Français présents en Asie, le 24 janvier :

  • éviter tout contact avec des animaux vivants ou morts,
  • éviter de se rendre dans des marchés où sont vendus des animaux,
  • éviter de consommer des produits d’animaux peu ou mal cuits ;
  • éviter tout contact rapproché avec des personnes souffrant d’infection respiratoire aigüe ;
  • se laver régulièrement les mains avec de l’eau savonneuse ou avec des solutions de lavage hydro-alcooliques.

Sur place, en cas de symptômes d’infection respiratoire, il est recommandé de s’isoler, se protéger la bouche lors de la toux au besoin par un masque, utiliser des mouchoirs jetables, bien se laver les mains et consulter localement et rapidement un médecin.

Au retour en France, en cas de symptômes d’infection respiratoire, continuer d’appliquer ces mesures et appeler le SAMU – Centre 15 rapidement, avant toute consultation chez un médecin généraliste ou dans un service d’urgence.

Vers une épidémie à l’international ?

La Chine a connu une épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) en 2002-2003. Un total cumulé de 7 761 cas et 623 décès sont notifiés de la part des 28 pays affectés. De ce total, 5 209 cas et 282 décès sont attribuables à la Chine. Pour limiter le risque d’une épidémie à l’international, les mesures de prévention se multiplient à l’étranger.

  • Depuis le 17 janvier 2020, les Etats-Unis limitent les vols en provenance de Wuhan dans les aéroports de San Francisco, Los Angeles et New York. 
  • Les contrôles dans les aéroports de Thaïlande et de Hong Kong sont également renforcés à l’approche du Nouvel An Chinois.
  • L’aéroport de Wuhan, en Chine, vient de mettre en place une zone de contrôle des températures où les passagers doivent passer sous l’œil des caméras thermiques. La ville est placée en quarantaine à partir du 23 janvier.
  • Au Japon, tous les voyageurs en provenance de Wuhan doivent se déclarer à un agent. 

L’Organisation mondiale de la santé pourrait déclencher prochainement l’Urgence de santé mondiale. Son but étant d’éviter la propagation internationale des maladies, de s’en protéger, de la maîtriser et d’y réagir par une action de santé publique proportionnée et limitée aux risques qu’elle présente.

Traitement

A ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique disponible, et le traitement est essentiellement symptomatique

DERNIERES ACTU

Login