mai 27, 2022

Les prix agricoles ont augmenté l’an dernier de 3% en moyenne, mais les agriculteurs ne s’en sortent toujours pas. Contrairement aux idées reçues, ce sont surtout les consommateurs qui profitent de cette baisse, selon un rapport remis mardi au Parlement.

Les prix des matières premières agricoles ont augmenté : +13% pour le lait, +6% pour la viande de porc, +4,6% pour le blé tendre, mais aussi -7% pour le blé dur ou -5% pour les légumes. C’est ce que montre le rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, remis mardi 19 juin au Parlement. Pourquoi ces disparités ? En cause, la météo, qui joue sur les récoltes, mais aussi, et surtout, des cours, devenus mondiaux, totalement dérégulés.

« Il faudra s’habituer à cette instabilité »
« Cette instabilité caractérise de plus en plus le marché, avec la fin de tout le volet encadrement de marché de la politique agricole commune, note Philippe Chalmin, le président de l’Observatoire, spécialiste des marchés de matières premières. Il faut nous y habituer. Ces marchés sont de plus en plus mondialisés : c’était le cas autrefois uniquement des céréales et du sucre, c’est le cas aujourd’hui des grandes matières premières laitières que sont le beurre et la poudre, de la viande de porc. Et probablement demain de la viande bovine. »

Au total, pour cette année 2017, on note une hausse moyenne de 3% qui ne couvre toujours pas les coûts de production agricole. En clair, si les prix montent, ce ne sont pas les agriculteurs qui en profitent.

À qui profite la hausse ?
Si ce ne sont pas eux, à qui profite donc la hausse ? Pas tant à la grande distribution, souvent montrée du doigt : l’Observatoire rappelle que sa marge est de 1% en moyenne. Elle la réalise en fait essentiellement sur les produits transformés et relativement peu sur les produits de base. En fait, ceux qui en profitent le plus, aussi étonnant que cela puisse paraître… ce sont les consommateurs. Les prix des matières premières ont en effet beau augmenter, les prix à la consommation, eux, restent stables. Même lorsque l’on enlève l’huile de palme du pain de mie ou quand on allonge la date de péremption du yaourt… le prix ne bouge presque pas.

Le consommateur continue à être gagnant
« Le consommateur nous donne l’impression de s’en sortir le mieux, au moins sur ces produits alimentaires de base : le prix de la brique de lait UHT, celui de la tranche de jambon ou du steak haché sont d’une extraordinaire stabilité, explique Philippe Chalmin. Il y a bien eu un triplement du prix du beurre sur les marchés mondiaux, mais le consommateur a eu, lui, une hausse nettement amortie. »

« Le consommateur continue à être le gagnant, conclut le spécialiste des marchés de matières premières. Le problème c’est que son modèle de consommation a évolué : il a besoin de toujours plus de produits transformés, intégrant de plus en plus de services, et dont la part agricole a tendance à se réduire considérablement. »

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